La Zone pastorale - Saint-Nazaire Briére
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      Edito-Par le Père Gérard Naslin

Edito-Par le Père Gérard Naslin


Le bonheur selon Jésus : un don et une promesse.


Mes amis, nous aspirons tous au bonheur et nous avons tous connu des moments qui nous ont rendus heureux : le bonheur d’être parents, puis grands-parents, le bonheur d’être entourés par une famille et des amis, le bonheur d’avoir réussi un projet qui nous tenait à cœur, le bonheur d’être en bonne santé, la joie de procurer un peu de bonheur à ceux qui se battent pour le connaître,
C’est chaque année, au nouvel an, que nous souhaitons le bonheur à ceux qui nous sont chers, et à des jeunes mariés que leur offrons-nous ? Des vœux de bonheur.

Jésus qui connaissait le cœur de l’homme savait que le bonheur était son plus cher désir. Alors il inaugure sa vie publique, sa prédication, en « gravissant la montagne, en s’asseyant, en laissant ses disciples s’approcher de lui, et en ouvrant la bouche  » toute une mise en scène décrite par l’évangéliste Matthieu, pour laisser Jésus déclarer la charte du bonheur. À huit fois il décline ce qui rend heureux. Pour Jésus

le bonheur est un don et non un dû,
le bonheur est une promesse, à condition d’y mettre le prix.

 Oui le bonheur est un cadeau de Dieu.

Deux des huit béatitudes sont au présent :

  • la première « heureux les pauvres de cœur, le Royaume des Cieux est à eux »,
  • la dernière : « heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, le Royaume des Cieux est à eux. »
 Ce cadeau de Dieu, qu’est le bonheur, il est pour aujourd’hui, encore faut-il être pauvre de cœur,

c’est-à-dire désencombré de tout ce qui n’est pas essentiel… encore faut-il se réjouir de ce qui est offert… encore faut-il savoir dire « merci » car le bonheur dont parle Jésus n’est pas un dû, mais un don.
Vous savez comme moi qu’un enfant gâté n’est pas un enfant heureux, il n’est jamais satisfait, il ne se contente jamais de ce qu’on lui offre. Par contre le pauvre est celui qui sait se réjouir même du peu qu’on lui donne. Le pauvre a le cœur ouvert, le riche a le cœur fermé. Le pauvre a les mains tendues pour offrir et accueillir, le riche a les mains crispées sur ses richesses. Le pauvre sait trouver les mots qui consolent, le riche a sur les lèvres des paroles dures. Le pauvre écoute pour apprendre, le riche se bouche les oreilles, se croyant seul à avoir la vérité. Le pauvre de cœur est celui qui se tourne vers Dieu.
Les pauvres sont citoyens du Royaume des Cieux. Ils sont heureux aujourd’hui.

 Le cadeau de Dieu, qu’est le bonheur, il est pour aujourd’hui, encore faut-il se battre pour que justice soit faite.

Les persécutés pour la justice sont tous ces passionnés qui ne peuvent se taire, qui ne peuvent rester insensibles, qui ne peuvent s’abstenir d’agir quand précisément la justice est bafouée, quand l’homme est renié dans sa dignité d’homme, quand l’homme est empêché de s’ajuster à Dieu, car telle est la véritable injustice.

Les persécutés pour la justice sont citoyens du Royaume des Cieux. Ils sont heureux aujourd’hui.

 Le cadeau de Dieu qu’est le bonheur, conclut Jésus, il est pour aujourd’hui, encore faut-il accepter l’incompréhension, le rejet, l’exclusion, voire la persécution à cause de Jésus et de son message.

Heureux celui qui ose dire « pas d’accord » au nom de l’Évangile. Heureux celui qui ose poser des actes, prendre des risques au nom de l’Évangile qui appelle à la justice, à la paix, à la solidarité, au respect de toute personne humaine quelle que soit la couleur de sa peau, quelle que soit sa religion, quelle que soit son orientation.

Les persécutés au nom du Christ sont citoyens du Royaumes des Cieux. Ils sont heureux aujourd’hui.

 Si le bonheur est pour aujourd’hui pour les pauvres de cœur et les persécutés pour la justice et à cause de Jésus et de son message, le bonheur est une promesse, mais Jésus semble ajouter : « encore faut-il y mettre le prix ! »

Le bonheur est promis à ceux qui pleurent parce qu’ils attendent une consolation. Ce sont ceux qui espèrent des lendemains meilleurs, ils ne sont pas résignés, ils ne sont pas abattus, au contraire ils se battent pour qu’advienne leur consolation. Pour cela ceux qui pleurent y mettent le prix.

Le bonheur est promis à ceux qui sont doux, pas à ceux qui sont mous, mais à ceux qui sont « aimables » au sens fort du mot. La douceur n’est pas expression d’une mièvrerie, ni d’une naïveté, elle est aussi un combat. Oui il faut se battre pour recevoir la terre en héritage. Pour cela les doux y mettent le prix.

Le bonheur est promis aux miséricordieux, à ceux dont le cœur sait s’attendrir face au malheur et face au malheureux. Ils savent « compatir » c’est-à-dire « souffrir-avec » celui qui souffre. Ils savent pardonner, c’est pour eux un combat. Ils savent qu’ « il faut misère pour avoir cœur ». Pour cela les miséricordieux y mettent le prix.

Le bonheur est promis aux cœurs purs, aux cœurs transparents, à ceux qui sont toute cohérence. Leurs paroles donnent sens à leurs actes, leurs actes authentifient leurs paroles. Ils se battent pour ne connaître ni compromission, ni mensonge, ni incohérence. Pour cela les cœurs purs y mettent le prix.

Le bonheur est pour ceux qui sont artisans de paix, ils ne se contentent pas de souhaiter la paix, ils la font, ils tendent leurs mains, se mettent en marche, trouvent les mots bienveillants. Ils se battent pour que la paix soit plus forte que le conflit, pour que la paix soit dans leur cœur et dans leurs relations. Pour cela les artisans de paix y mettent le prix.

Si le bonheur est une promesse, Dieu ne veut pas nous rendre heureux malgré nous, sans nous, il veut que nous participions à notre bonheur aujourd’hui, pour le connaître dès maintenant ou le connaître quand nous serons avec lui, en lui. C’est pour cela qu’il demande que l’on y mette le prix.

Les Saints que nous fêtons en ce jour sont ces citoyens du Royaume des Cieux. Le bonheur ils l’ont connu durant leur pèlerinage sur terre, parce qu’ils ont essayé d’être pauvres, d’ajuster leur vie à la volonté de Dieu, et ils ont parfois été incompris, voire persécutés au nom de leur foi en Jésus-Christ.
Ils y ont aussi mis le prix pour obtenir le bonheur comme promesse de Dieu, ce fut pour certains le prix du martyre, aujourd’hui ils sont consolés, aujourd’hui ils ont la terre en héritage, aujourd’hui leur faim et leur soif de justice sont rassasiées, aujourd’hui ils sont en communion avec Dieu dont le cœur est miséricordieux, aujourd’hui ils voient Dieu parce qu’ils ont été toute cohérence, aujourd’hui ils sont appelés fils de Dieu parce qu’ils ont été des artisans de paix.

Mes amis, en cette fête de la Toussaint, nous sommes invités à croire au bonheur,

à ce bonheur que nous offre Dieu dès aujourd’hui, comme un cadeau, et non comme un dû,
à ce bonheur que nous promet Dieu, encore faut-il que nous y mettions le prix.
Gérard Naslin.

1 réaction


30 octobre 10:11, par isabelle de preville

Merci Gérard pour cette très belle méditation que tu as pris soin d’écrire pour ces temps de Toussaint. Tous appelés au bonheur d’être Saint !

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